Echo Location (OS​.​010)

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    Complete 24 pages booklet, label, sticker + 2 HIDDEN TRACKS MP3 By Norma Loy, Martin Dupont
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    BONUS TRACK ONE
    GROUPE : MARTIN DUPONT
    TITRE : Your passion
    TYPE DE RELECTURE : "rare"
    TITRE D'ORIGINE / PROVENANCE : "Your passion" SP 1982 Turquoise - TUR 001
    DUREE : 3'32
    CONTACT : ftbo@wanadoo.fr (Frédéric Thébault)- valdemar@free.fr (Stanislas Chapel)
    CREDITS : Alain Seghir, Beverley Jane Crew , Brigitte Balian, Catherine Loy
    INFOS COMPLEMENTAIRES : http://martindupont.net
    Fleuron du label aixois Facteur d’Ambiance, Martin Dupont a été créé à Marseille par le multi-instrumentiste Alain Séghir au début des années 1980. Après avoir fourbi ses armes (guitare, basse) au sein de diverses formations punk ou proto-industrielles, celui-ci se convertit au synthétiseur et, accompagné de Brigitte Balian (“lead vocal, guitar, percus de chez Mattel”) et Catherine Loy (““petit accent frenchy” vocals plus un doigt sur le synthé quand il faut”), signe un premier 45 tours sur un micro-label local fondé pour l’occasion. En trois minutes et quelque, ce Your Passion pose les bases de l’univers de Martin Dupont, qu’il s’agisse de la musique – une techno-pop qui évoque autant l’électronique des pionniers de l’époque, de Kraftwerk à Polyphonic Size ou Section 25, que les ambiances sombres et “mitteleuropéennes” de Tuxedomoon – ou de l’image : les pochettes du groupe, immanquablement ornées de dessins d’un hyperréalisme onirique, entre BD et surréalisme, ne contribuent pas peu au nimbe de mystère dont il restera entouré. L’année suivante, Just because, premier album dont le morceau-titre d’ouverture est un tube confidentiel en puissance (il sera repris sur la compilation Essai, éditée par le label en 1988), vient constituer la deuxième référence du catalogue Facteur d’Ambiance. Après le départ de Catherine Loy et l’arrivée de Beverley Jane Crew (clarinette, saxophone, claviers), Martin Dupont publie son second LP, Sleep is a luxury (1985). En 1987, Hot paradox, sonne comme l’aboutissement de cette new wave mélancolique et bien à part. Ce troisième album sera toutefois le dernier d’une formation singulièrement mésestimée, qui a depuis rejoint le bataillon des groupes cultes de cette faste période.
    Your passion, repris en MP3 sur Echo Location, est donc l’acte de naissance de Martin Dupont, face A d’un 45 tour initialement paru sur le label Turquoise en 1982.
    David Sanson.
    ___________________________
    BONUS TRACK TWO
    GROUPE : NORMA LOY
    TITRE : "Sacrifice (Metal Mix)"
    TYPE DE RELECTURE : --> remixé 1997 (paru sur Open your Mind" Datcha 1997)
    TITRE D'ORIGINE / PROVENANCE : “Sacrifice" est initialement paru en 1988 sur l'album du même nom, le plus froid réalisé par le groupe.
    DUREE : 2'35
    CONTACT : ushersan@free.fr
    CREDITS :
    Remix Dr Mix & the house of noise au studio Mix It, Sous licence CPM
    Ce remix a été effectué au Studio Mix it par Doctor Mix & the House of Noise
    - Éric Debris (Metal Urbain) : Samples
    - Patrick Levy (Charles de Goal) : guitares, synthés
    qui ont réalisés une version electro punkoïde encore plus saturée que l'original
    Intervenants :
    - CHELSEA : Vocaux, TV
    - USHER : Synthés, sampling
    - CHRISTINE : Batterie
    - SCAVONE H : Basse
    (soit le line up de cette époque)
    +
    - Z CLOSER : Sax (intervenant également dans Complot Bronswick)
    - SUMAKO KOSEKI (danseuse & chorégraphe Buto) : Japanese Voice
    Fondé à l’aube des années 1980, à Dijon, par Reed013, alias Chelsea, et Anthon Shield, alias Usher, Norma Loy (anagramme de “nom royal”) manifeste l’intérêt de ses géniteurs pour les arts plastiques (le premier a étudié la photographie) et la littérature beat, autant que pour des thèmes tels que les médias de masse, le sexe, le mysticisme... Entretenant soigneusement une identité visuelle aussi forte que mystérieuse et volontiers déviante, conçue par Chelsea et sous-tendue par une rigoureuse “philosophie interne”, le groupe, dont la composition évoluera avec le temps autour de ce noyau dur, sera parfois, pour toutes ces raisons, comparé avec les Anglais de Psychic TV. En 1983, un premier maxi, le très réussi Norma Loy, ouvre les hostilités sur le label New Wave en distillant une cold wave teintée d’électronique. L’année suivante, le groupe donne naissance à son propre label, CPM, sur lequel paraît un second maxi, Psychic altercation. Dans le même temps, il développe sur scène des performances dans lesquelles s’entrechoquent musique, vidéo, danse et slide shows. Remarqué par le label Madrigal, Norma Loy y signe en 1986 un premier album, Rewind/Tvision, synthétisant brillamment ses obsessions en même temps que ses recherches musicales : les formats “pop” des débuts ont laissé place à des climats plus rituels et industriels, torturés et insanes. Deux ans plus tard, l’album Sacrifice radicalise encore cet hiératisme clinique, qui voit le groupe, sur scène, se produire avec une troupe de danseurs Buto. En 1990, Rebirth vient clore ce tryptique réfléchissant les illusions et les égarements de la société de l’époque. Attitudes, ultime album de Norma Loy publié en 1992, présente un groupe renouvelé et apaisé, qui pourtant, l’année suivante, cessera son activité.
    Le “Metal mix” du morceau Sacrifice, présenté ici au format MP3, a été réalisé en 1997 et publié sur Open your mind, compilation du groupe en forme de CD interactif. Derrière le nom de Doctor Mix & the House of Noise se cachent Éric Debris (Métal Urbain) et Patrick Levy (alias Charles de Goal).
    David Sanson.
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Also available on CD :
www.optical-sound.com/releases/os.010.php

L’écho-location, c’est ce système qui permet à la chauve-souris – ainsi qu’à tout un tas de mammifères marins, mais l’analogie, ici, semble moins pertinente – de s’orienter dans la pleine obscurité, de s’y déplacer et d’y faire la chasse : en émettant des ultra-sons qui lui sont renvoyés lorsqu’ils rencontrent un obstacle ou une proie, et qu’elle convertit instantanément en images. Au-delà de ses résonances “batcave”, voilà un terme particulièrement bien choisi pour ce qui nous occupe ici. Car le rock, quel que soit son style, est avant tout un âge ; le son n’y est pas tant important que les souvenirs auxquels on le rattache – les images qu’il éveille, les échos qu’il renvoie en chacun de nous, les lieux, enfin, ou les événements auxquels notre mémoire associe sa découverte.
Echos venus du milieu des années 1980. De Châteauroux, petite ville de province dont les basses maisons et les quelques usines désaffectées constituent un cadre propice à l’éclosion d’un spleen bien new wave. The Cure, Joy Division, Section 25, Siouxsie & The Banshees, lorsque je découvre ces groupes, certains sont déjà morts, mais tant pis. La musique crée des liens, rend possible certaines rencontres qui à leur tour permettent de s’y immerger plus avant. Un jour, je croise grâce à une émission de radio un jeune branché – lunettes noires, cheveux en pétard, pochoir de Virgin Prunes toujours à portée de main – qui me vend une copie de la première compilation du petit label qu’il a créé. Une cassette sertie dans un boîtier VHS, présentant des morceaux inédits de groupes originaires de la région (Opéra Multi-Steel de Bourges, Collection d’Arnell Andrea de Gien), mais aussi d’autres, de Dijon (Résistance, Pavillon 7B), de Paris ou d’Amiens (Pour l’Exemple, ex-Guerre Froide) : des musiques qui me donnent envie de continuer à progresser à travers cette scène bien obscure et aux ramifications innombrables. Je me promets qu’un jour, j’écrirai quelque chose sur la cold wave française. Aujourd’hui, on ne dit plus cold wave, mais “post-punk”, le Châteauroux et les musiques de ma jeunesse ont disparu, remplacés par d’autres, le jeune branché en question, Rainier Lericolais, mène une florissante carrière de plasticien et de musicien sur ce label, Optical Sound, et voici la boucle bouclée.

Localiser, circonscrire, géographiquement ou stylistiquement, la scène post-punk française, n’est pas chose facile. Il n’y a pas une, mais des scènes, fédérées autour de villes et de labels, étranges collectivités dont l’image se surimprime à celle des artistes, contribuant à leur identité autant qu’à leur mystère. Parmi les premières, il y a Rennes, la ville de Marquis de Sade et des Transmusicales, mais aussi de Complot Bronswick, End of Data, etc. etc. Ou encore Paris, inévitablement, ses salles de concerts mythiques que je ne connaîtrai jamais, l’Eldorado, le Cithéa, le Rose Bonbon, l’Opéra Night et ses soirées “La Sébale”, et tous les groupes qui y gravitent.
Parmi les seconds, il y a le label Divine/Madrigal, situé au 140, rue du Théâtre dans le XVe arrondissement, dont les pochettes et les artistes, qu’ils soient français (Complot Bronswick, Tanit, Seconde Chambre…) ou étranger (Mecano, Flue, Fra Lippo Lippi…), possèdent un son propre, charriant tout un imaginaire façon puzzle constructiviste. L’Invitation au Suicide au Havre, et ses disques aux allures d’œuvres d’art, qui publie, à côté de Christian Death ou du premier mini-LP de Certain General, Les Provisoires ou les débuts de Jad Wio. Sordide Sentimental à Rouen. Ou encore Garage, adossé aux studios du même nom à Ménilmontant, avec les Bonaparte’s, Baroque Bordello (deux groupes produits par Laurence Tolhurst de Cure), Jad Wio bientôt, Môme Rath, autant de formations qui échangent leurs musiciens, se fécondent les unes les autres, écrivant une histoire parallèle que l’on peut suivre à travers les notes de pochette ou les pages de la presse spécialisée (New Wave, L’Équerre, Out Of Nowhere…), un échevau de noms et de visages qui ressemblerait à un roman underground de Modiano, à une installlation rock de Boltanski.
C’est aussi l’époque des cassettes, l’équivalent du CD aujourd’hui : on peut les acheter partout, y compiler jusqu’à 90 minutes de musique, les copier et les diffuser facilement. La cassette a ses labels – voir V.I.S.A. ou A.C.I. (Aspects d’une Certaine Industrie), Présage (la première compilation Unreleased). La plupart des groupes d’alors effectueront leurs premiers pas sur ce support, et pour certains, comme Brigade Internationale, Guerre Froide, A.R.T. ou Wallenberg (ah, ces noms !), la cassette constitue même l’unique preuve de leur existence, preuve infiniment fragile que ce mince ruban qui s’use à mesure qu’on l’écoute, le dévide et le rembobine.

Ainsi une bonne partie de l’histoire musicale de cette période s’est purement, simplement effacée. Faute de rééditions, tout un pan de ce patrimoine discographique est tombé dans l’oubli : faut-il se souvenir de Leitmotiv (deux très beaux 45 tours et un maxi retenant le meilleur de Bauhaus et de Joy Division), Odessa, Trop Tard, d’Achwghâ Ney Wodei et des autres ? Même le premier album d’Orchestre Rouge, le groupe de Théo Hakola, pourtant produit par Martin Hannet (Joy Division, ESG), n’est jamais sorti en CD… Certes, tout n’est pas d’égale valeur dans ce patrimoine, certes, beaucoup de ces groupes en singeaient d’autres, en général anglo-saxons, et parfois bien approximativement ; certes, les grands albums de cold française se comptent sur les doigts d’une seule main, et tous ces disques n’ont pas aussi bien vieilli, ne possèdent pas la force visionnaire des productions de Kas Product ou de Marquis de Sade. Mais il y avait sur cette scène suffisamment de talents et d’inconscients pour forger un imaginaire et des légendes. Et puis après tout, n’est-ce pas précisément ce que l’on peut demander de mieux à une chanson, que d’être datée ?
“Le temps, qui connaît la réponse, a continué de couler”, écrit Perec vers la fin d’Un homme qui dort. Je me souviens de la basse charnue et tranchante de Pascal Humbert (Orchestre Rouge) sur le Wawel Song de Tanit, du magnétisme de Philippe Pascal, de la carrure spectaculaire de Jamil Saïarh, de la guitare en métal argenté de Mona Soyoc. Je me souviens d’un spectacle de Die Bunker lors duquel le chanteur flottait au-dessus de la scène, de la Tragic Venus de Norma Loy, de Philippe Pascal, encore, se jetant dans le public à la fin d’un concert de Passion Fodder et se faisant très mal. Je me souviens des soirées Touching Pop à répétition, d’un concert de Nox au Mans, avec Test Department, plein de bruit et de fureur. Je me souviens du Printemps de Bourges 1986, d’une reprise théâtrale de Bonnie & Clyde par Baroque Bordello, de Jad Wio livrant un show tendu avec juste deux guitares, deux voix, une boîte à rythmes, de Karl Biscuit qui attendait le public assis dans un fauteuil sur la scène. Je me souviens du jour où j’ai enfin trouvé le 45 tours Santa Maria de Clair Obscur, le dernier disque du groupe qui me manquait, avec son tableau de Munch reproduit à la chaux vive. Je me souviens de New Rose (rue Pierre Sarrazin), de Danceteria (rue du Cardinal Lemoine), des Établissements Phonographiques de l’Est (rue du Chemin Vert), toutes ces boutiques aujourd’hui disparues. Je me souviens avoir découvert Asylum Party et Vox Populi! sur FR3 (on dit aujourd’hui France 3), dans l’émission Décibels présentée par Jean-Lou Janeir. Je me souviens d’un des rares concerts organisés à Châteauroux, celui d’Anechoic Chamber, dont l’unique album allait être produit par Edward Ka-Spel des Legendary Pink Dots. Je me souviens de cette boîte de nuit de Selles-sur-Cher, le Bleu nuit, où l’on pouvait danser sur The last song de Trisomie 21, des chroniques de Georges Daublon dans Best et du numéro de 1987, avec ZZ Top en couverture, dans lequel j’ai appris sa mort.

Le but d’Echo Location est aussi de proposer des allers-retours dans l’espace-temps. De faire émerger certaines zones d’ombres de l’underground français des années 1980, de les ramener vers nous, de les faire revivre. Les artistes ici présents excèdent largement le champ de la cold wave au sens strict. Bien que tous issus, plus ou moins directement, de la scène post-punk, ils ont majoritairement suivi un cheminement original, les rattachant pour certains à la musique industrielle ou expérimentale, pour d’autres à une électronique encore balbutiante, certains, enfin, demeurant résolument inclassables. Tous ont en commun d’avoir, une bonne dizaine d’années durant, agi et œuvré dans le même vaste périmètre souterrain. Leurs parcours, leurs discographies et leurs biographies font apparaître des constantes, des similitudes, des échos insoupçonnés : on y retrouve, y découvre parfois les mêmes noms (de personnes, de lieux, de labels) familiers, tissant un étrange réseau d’ombres.
À l’instigation d’Optical Sound, ces musiciens ont été invités à reprendre, rejouer, réinterpréter, remixer, etc. un titre qui leur paraît représentatif ou qui leur est cher, extrait de leur propre discographie, ou parfois inédit. À nous donner à entendre chaque morceau sous un jour nouveau, avec son visage d’aujourd’hui, et derrière ce visage, en creux, l'évolution, les variations d'optique, d'identité ou de personnalité de ses auteurs. Parce que la nostalgie n’est vraiment belle que si elle est productive.

David Sanson

credits

released February 23, 2005

ECHO LOCATION


PROJET IMAGINE ET REALISE PAR PIERRE BELOUIN
GRAPHISME LABOMATIC ULTRALAB
MASTERING NORSCQ
REDACTION LIVRET DAVID SANSON


Pour Jean-Guillaume.

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www.optical-sound.com

Sources :

www.french-new-wave.com
newwavephotos.com
generation-extreme.com
www.new-wave-xg.com
users.skynet.be/rockrennais/
www.celiableue.com
www.recfm.com

Remerciements :

A tous les groupes qui ont participés et m'ont fait confiance dans ce projet, et Hannelore Paulet, Severine Hubard, Christophe Demarthe, Emmanuel Hubaut, Gérard N'guyen, Philippe Maujard et Daniel Paboeuf, Ariel Kyrou, David Sanson, Christophe Labussière, Rainier Lericolais, Gérôme Nox, Valérie Perrin, Digital Baobab, Thierry Weyd, Jérôme Soudan, Marc Colin, Thierry Danet, Nicolas Ledoux, Marie-Pierre Bonniol, Norscq, Miguelito Lovelace, J.F. Micard, Alexandre Minard, Olivier Tirmarche, Paul Fiction, Frédéric Thébault, Phil Von, Patrice Lamarre, Iconaki, Jhonn Balance...

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